TarifsSe connecter
Dentisterie numérique22 minDernière mise à jour : 1 novembre 2026

Photogrammétrie intra-orale (IPG) de l’Aoralscan Elite : principe, protocole et études

Rédigé par Dr Olivier Sitbon · Fondateur de Labora Dental · Dernière mise à jour : 1 novembre 2026

La photogrammétrie intra-orale (IPG) est la fonction des caméras Shining 3D Aoralscan Elite et Elite Wireless qui enregistre en bouche la position et l’axe de plusieurs implants à l’aide de scan bodies codés, pour les arcades complètes de type All-on-4 ou All-on-6. Shining 3D annonce une fidélité de 5 µm. Les études publiées depuis 2024 mesurent plutôt des écarts moyens de 15 à 60 µm selon les protocoles, davantage sur implants inclinés ou sur cadavre, en général inférieurs à ceux du scan intra-oral seul, mais pas toujours au niveau de la photogrammétrie extra-orale. Ce guide confronte les données du fabricant, les tests indépendants et une trentaine d’études, puis détaille le protocole jusqu’à la prothèse passive.

Pour un panorama de toutes les techniques, extra-orales, intra-orales et sur smartphone, lisez d’abord notre guide de la photogrammétrie dentaire.

L’essentiel en quatre points

  • Ce que c’est : un mode des caméras Aoralscan Elite (présentée le 10 septembre 2024) et Elite Wireless (IDS 2025) qui lit des motifs codés sur des scan bodies vissés sur les piliers multi-unit.
  • Ce que cela change : la position des implants n’est plus reconstituée en assemblant des images de proche en proche, source d’erreurs cumulées sur l’arcade.
  • Ce que dit la science : des résultats favorables face au scan intra-oral seul, des études cliniques encourageantes mais petites, des résultats contradictoires face à la photogrammétrie extra-orale.
  • Ce qui reste nécessaire : un protocole rigoureux, une radiographie de l’assise des scan bodies et, selon nous, une validation de l’ajustage passif avant la définitive.

Qu’est-ce que la photogrammétrie intra-orale ?

Le problème de l’empreinte d’arcade complète sur implants

Une prothèse transvissée d’arcade complète relie rigidement quatre à huit implants. Pour qu’elle se visse sans contrainte, c’est-à-dire de façon passive, le laboratoire doit connaître la position et l’axe de chaque implant les uns par rapport aux autres. Le scanner intra-oral reconstruit l’arcade en assemblant des images successives. Sur une crête édentée, lisse et mobile, les repères manquent et les petites erreurs s’additionnent. Une revue systématique de 2026 confirme que, in vitro, le scan intra-oral seul devient moins juste que l’empreinte conventionnelle dès que l’étendue dépasse la zone de prémolaire à prémolaire (Li et al., 2026).

Quel écart est acceptable ? Il n’existe pas de seuil consensuel. La méta-analyse du comité de recherche de l’American Academy of Fixed Prosthodontics retient un seuil clinique de 150 µm (Revilla-León et al., 2026). Celle de Pozzi et al. (2025) évoque un seuil de 1° pour l’écart angulaire. Un cas clinique publié en 2026 associe des écarts d’environ 50 à 60 µm à une assise acceptable et des écarts au-delà de 70 à 80 µm à une assise moins bonne (Mintrone et al., 2026).

Le principe physique expliqué simplement

La photogrammétrie mesure un objet à partir de photographies prises sous plusieurs angles. Si un même point est vu depuis deux positions connues, sa position dans l’espace se déduit par triangulation, comme un géomètre qui vise un clocher depuis deux bornes. Des cibles codées, motifs de points qui portent chacun une identité lisible par la machine, permettent de reconnaître le même point d’une image à l’autre. Avec de nombreuses vues, un calcul global, l’ajustement de faisceaux, affine ensemble la position des cibles et de la caméra : l’erreur se répartit sur toute la mesure au lieu de s’accumuler image après image.

En dentisterie, les cibles sont portées par des scan bodies vissés sur les implants ou les piliers. Une équipe a décrit en 2024 un tel système, avec des marqueurs autoidentifiants triangulés par photogrammétrie, et une erreur moyenne de 0,10 mm in vitro (Chen et al., 2024). Ce n’est pas le système de Shining 3D, mais le principe est le même.

Photogrammétrie extra-orale ou intra-orale

La photogrammétrie dentaire est née hors de la bouche. Le PIC system, lancé en 2010 à l’Expodental de Madrid selon son fabricant, utilise une caméra stéréoscopique tenue à distance du patient. L’ICam4D d’Imetric 4D associe quatre caméras et un projecteur, avec des ICamBodies pour les implants et des ICamRefs pour relier la mesure à la gencive. Ils ne voient pas les tissus mous, d’où un scan intra-oral complémentaire à aligner. L’histoire et la comparaison de ces systèmes figurent dans notre guide de la photogrammétrie dentaire.

L’IPG de Shining 3D se fait au contraire avec la caméra intra-orale elle-même, munie d’un embout plus large. Shining 3D décrit une combinaison de reconstruction 3D par lumière structurée et de photogrammétrie issue de la métrologie industrielle, et parle de photogrammétrie vidéo brevetée. L’Institute of Digital Dentistry (iDD) nuance : selon lui, il s’agit plutôt d’un algorithme de photogrammétrie utilisant la même caméra que le scan classique, qui lit les motifs de points plutôt que la géométrie des scan bodies. Les deux lectures ne s’excluent pas.

Ce que l’IPG change par rapport aux autres techniques

CritèreEmpreinte conventionnelle solidariséeScan intra-oral seulIPG (Aoralscan Elite)Photogrammétrie extra-orale
Mesure des implantsPhysique, sensible au matériau et à la couléeAssemblage d’images de proche en procheLecture des motifs codés sur l’ensemble de l’arcadeTriangulation depuis l’extérieur de la bouche
Tissus mousOui, dans l’empreinteOuiOui, alignement automatique dans le même logicielNon, scan complémentaire et alignement en CAO
Résultats publiésRéférence historique, bonne justesse linéaire dans plusieurs étudesÉcarts croissants avec l’étendue de l’arcadeLe plus souvent meilleure que le scan seul, variable face à l’extra-oraleSouvent la meilleure fidélité in vitro
Point faibleTemps, confort, étapes de laboratoireCrêtes édentées, implants distauxValidation clinique encore limitéeSecond appareil, alignement avec la gencive

Synthèse Labora Dental à partir des études citées plus bas (Li et al., 2026, Lee et al., 2026, Revilla-León et al., 2025 et 2026, Mangano et al., 2026).

L’empreinte conventionnelle reste une référence sérieuse. Sur un modèle en acier, les empreintes analogiques obtenaient 39 à 47 µm de justesse linéaire, contre 78 à 141 µm pour sept scanners sans aide (Lee et al., 2026), et Selvi et al. (2026) la trouvent plus juste linéairement que l’Elite. L’IPG simplifie surtout le flux et réduit les erreurs du scan intra-oral seul.

Le matériel IPG de l’Aoralscan Elite

La caméra et l’embout IPG

Selon la brochure technique de Shining 3D (version du 29 août 2024), l’Aoralscan Elite mesure 245 × 30 × 26 mm, pèse 124 g sans câble et se branche en USB-C. Elle utilise trois embouts : l’embout IPG de 19 × 14 mm de champ, destiné aux arcades édentées, un embout standard de 16 × 12 mm et un mini de 12 × 9 mm. Profondeur de scan : 22 mm. Embouts autoclavables 100 fois. Selon Shining 3D, l’embout large limite l’influence des tissus mous.

Côté chiffres, la page produit de Shining 3D annonce une fidélité IPG de 5 µm, une exactitude de 10 µm sur une unité et de 20 µm sur un bridge de trois éléments. La brochure de 2024, elle, ne donne aucune valeur chiffrée. Ces valeurs relèvent du protocole du fabricant et ne se comparent pas aux mesures cliniques. Shining 3D met aussi en avant une certification de la Digital Dentistry Society (juin 2025).

Les scan bodies codés et les cap scan bodies

Les scan bodies IPG portent sur leur face supérieure des motifs de points qui servent de points de contrôle. Ce que l’on sait de façon vérifiée :

  • Compatibilité : plus de 100 fabricants d’implants selon Shining 3D. Les kits sont regroupés en cinq ensembles selon les systèmes implantaires, et NEOSS n’était pas pris en charge lors du test de l’iDD de décembre 2024.
  • Niveau de connexion : les High Accuracy Coded Scanbodies se vissent uniquement sur des piliers multi-unit (MUA) selon la FAQ de Shining 3D, et l’iDD précise qu’ils ne se posent pas directement sur l’implant.
  • Exclusivité : les scan bodies codés ne fonctionnent qu’avec l’Elite et l’Elite Wireless, pas avec les autres caméras Shining 3D.
  • Longueurs : long, moyen et court peuvent être mélangés au sein d’un même kit, jamais entre deux kits différents.
  • Serrage : environ 10 N·cm avec le tournevis dédié.
  • Durée de vie : 300 utilisations au maximum selon la documentation Shining 3D. Selon l’iDD, un mauvais solvant ternit les points jusqu’à les rendre illisibles.
  • Cap scan bodies : utilisés avec les scan bodies codés pour enregistrer la gencive en implantation et mise en charge immédiates. Le logiciel en accepte de deux à six.

Le logiciel et les fichiers

L’IPG fonctionne dans IntraoralScan, le même logiciel que les autres caméras Shining 3D, sans abonnement selon l’iDD. La conversion des scan bodies en positions d’implants peut aussi se faire dans Dental Cloud. Les exports se font en STL, OBJ et PLY. L’Elite fonctionne sous Windows 10 Professionnel 64 bits ou ultérieur et, selon la page produit, sous macOS Ventura 13 ou ultérieur. L’étalonnage prend 4 à 5 minutes et se fait toutes les deux semaines environ selon l’iDD.

Le protocole clinique pas à pas

Arcade édentée cicatrisée

Séquence décrite par la documentation IntraoralScan 3.5.6 pour l’Elite, complétée par les conseils de l’iDD :

  1. Créer la commande en mode implant avec scan bodies codés, saisir le numéro de série du kit, indiquer les positions et le système implantaire.
  2. Scanner la prothèse provisoire et l’occlusion si elles existent.
  3. Scanner la crête édentée en mode tissus.
  4. Visser les scan bodies codés de longueur adaptée sur chaque pilier multi-unit, extrémités orientées vers le palais ou la langue, sans contact entre eux, à environ 10 N·cm. Une radiographie de contrôle de l’assise est recommandée selon l’iDD.
  5. Capturer les motifs en suivant le trajet affiché : un passage en boucle d’un scan body postérieur au scan body opposé, puis un passage détaillé sur chacun en gardant deux scan bodies dans le champ. Les marqueurs passent de l’orange au vert foncé quand les données suffisent, et les six points autour de chaque hexagone doivent être nets. Comptez 20 à 30 secondes selon l’iDD.
  6. Aligner sur la gencive en scannant la jonction entre scan bodies et muqueuse, en automatique ou manuellement avec trois paires de points.
  7. Convertir et marquer : le logiciel transforme les scan bodies en positions d’implants, attribuées à chaque dent.
  8. Recommencer à l’arcade antagoniste si elle est aussi traitée, puis vérifier l’alignement de l’occlusion.

Si la bouche est trop petite pour poser tous les scan bodies, le logiciel propose un scan par groupes, limité à deux groupes : on retire un scan body, on en pose un sur l’implant restant et on laisse en place des scan bodies communs aux deux groupes pour faire la transition (deux dans l’exemple de Shining 3D). Shining 3D déconseille d’utiliser le même scan body codé sur deux positions, sous peine d’erreur à la conversion.

Mise en charge immédiate

Après extraction et pose des implants, la gencive saigne et se déforme. Le protocole prévu par Shining 3D pour l’implantation immédiate enchaîne le scan des scan bodies codés, puis celui des cap scan bodies avec la gencive, et l’alignement automatique des deux. Techapiroontong et al. (2026) ont comparé cinq protocoles d’alignement in vitro : le protocole avec cap scan bodies donnait la meilleure justesse angulaire, les alignements sur deux scan bodies codés postérieurs ou d’une même hémi-arcade faisaient presque aussi bien, et l’alignement en diagonale donnait les plus grands écarts.

Les facteurs qui influencent la précision

  • Angulation des implants : avec des implants postérieurs inclinés jusqu’à 30°, l’écart linéaire passe de 66 µm à 159 µm de médiane, alors que l’écart angulaire diminue (Muñoz et al., 2026). Le modèle de caméra n’est pas nommé dans le résumé.
  • Nombre d’implants : dans l’étude de Robert et al. (2026) sur 4, 6 et 8 implants, l’erreur quadratique moyenne augmente avec le nombre d’implants pour toutes les techniques.
  • Implants distaux : Sadek et al. (2026) trouvent l’IPG meilleure que le scan avec scan bodies classiques en antérieur, mais moins bonne dans les deux secteurs postérieurs. Lu et al. (2026) mesurent jusqu’à 189 µm au dernier implant quand l’arcade est alignée sur les deux premiers.
  • Distance entre scan bodies : effet faible, de 31 à 39 µm en moyenne selon l’écart (Revilla-León et al., 2026).
  • Éclairage : de 100 à 10 000 lux, l’Elite varie entre 19 et 27 µm, un effet négligeable (Gómez-Polo et al., 2026).
  • Alignement avec la gencive : une source d’erreur à part entière, d’environ 100 à 130 µm avec l’Elite comme avec une caméra extra-orale (Revilla-León et al., 2025 et 2026).

Ce que dit la science

Nous avons recherché sur PubMed et Europe PMC les études publiées sur la photogrammétrie intra-orale jusqu’au 1er novembre 2026. Quand le résumé ne nomme pas le modèle de caméra, nous le signalons. La justesse mesure l’écart à la référence, la fidélité la dispersion entre scans répétés.

Études in vitro

ÉtudeModèleComparaisonRésultat pour l’IPG
Fu et al., Clin Oral Implants Res 2025Maxillaire, 6 analogues parallèlesIPG (modèle non nommé), photogrammétrie extra-orale, scan seul, scan avec aidesMeilleure justesse (26,4 µm contre 31,7 µm en extra-orale et 39,9 µm en scan seul), fidélité 4,1 µm contre 2,3 µm en extra-orale, 50 s de capture
Brakoč et al., J Dent 2025Mandibule, 4 MUAElite IPG, TRIOS 5, Medit i700, Aoralscan 3Écarts significativement plus faibles pour l’Elite sur tous les paramètres (p inférieur à 0,01)
Pozzi et al., Clin Implant Dent Relat Res 202530 modèles de patients, 146 implantsElite contre scanner de laboratoireÉcart 3D moyen 57,2 µm, angulaire 0,26°, écart vertical le plus marqué (33 µm)
Revilla-León et al., J Prosthet Dent 20256 analogues MUAElite, PIC, ICam4D, Grammee, OxoFitÉcarts de 17 à 30 µm et 0,17 à 0,34° selon les systèmes. PIC et ICam4D meilleurs en linéaire, Elite comparable à Grammee et OxoFit
Mangano et al., J Dent 20266 analogues, référence par machine à mesurer tridimensionnelleElite IPG, 3Dots, iTero Lumina, Medit i900, TRIOS 6, CS 380029 µm contre 5 µm en extra-orale et 34 µm pour Lumina, sans différence significative entre les trois. i900 54 µm, TRIOS 6 84 µm
Lee et al., J Prosthodont 2026Modèle en acier, 6 MUAElite, PIC, ICam4D, Tupel 3D, 7 scanners, 2 empreintesJustesse linéaire 15 µm, fidélité 6 µm, 0,11°, meilleure que l’extra-orale (53 à 77 µm) et l’analogique (39 à 47 µm)
Ye et al., J Dent 2026Mandibule, 6 analoguesElite, ICam4D, TRIOS 5, AS 200E, empreinteMeilleure justesse angulaire pour l’Elite, meilleure exactitude globale pour l’ICam4D
Robert et al., J Dent 20264, 6 et 8 implantsIPG (modèle non nommé), extra-orale, navigation, scan seul37 µm en extra-orale, 57 µm en IPG, 99 µm en scan seul, 0,40° en IPG contre 0,16° en extra-orale
Revilla-León et al., J Prosthet Dent 20266 analoguesElite, Grammee, MicronMapper (2 marqueurs), TRIOS 5 avec ioConnectElite et Grammee meilleurs en justesse linéaire et angulaire, Elite meilleure fidélité angulaire
Pozzi et al., Int J Prosthodont 2026Maxillaire, 4 MUAIPG (modèle non nommé), extra-orale, navigationÉcart 3D 34,4 µm contre 44,1 µm en extra-orale, mais 46,5 s de capture contre 8,5 s
Margossian et al., Int J Periodontics Restorative Dent 2026Maxillaire, 8 MUA9 scanners et 3 systèmes de photogrammétriePhotogrammétrie Shining 3D dans le groupe intermédiaire, derrière le groupe le plus performant (iTero Lumina, Imetric 4D, « Shining 3D scan » et Primescan 2)
DeFee et al., J Dent 2026Cadavre humain, 6 implants par arcadeElite, iCam, MicronMapper, ioConnectExtra-orale plus juste et plus constante. Plusieurs scans IPG au-delà de 100 µm d’écart d’ajustage

Valeurs issues des résumés publiés. Les méthodes de mesure diffèrent d’une étude à l’autre : les chiffres ne se comparent pas directement entre études.

Études cliniques

ÉtudePatientsRéférenceRésultat pour l’IPG
Eldabe et al., J Prosthet Dent 2026 (en ligne en 2025)11 patients, 13 arcades, 52 implantsEmpreinte solidarisée à ciel ouvert30,7 µm et 0,78° contre 59,8 µm et 1,4° pour le scan seul. Modèle non nommé dans le résumé, étude citée par Shining 3D
Sadek et al., J Prosthodont 202626 arcades maxillaires, 4 implantsEmpreinte solidarisée numériséeElite en IPG 39,2 µm contre 45,1 µm en scan avec scan bodies classiques. Les auteurs jugent la différence trop faible pour conclure
Alghraisi et al., J Dent 202624 patients, 6 implants maxillairesEmpreinte solidarisée numériséeElite plus juste et plus rapide que la photogrammétrie par smartphone T-Marker
Stefanović et al., J Dent 202635 patients, 52 prothèses, 221 implants (rétrospectif)Test de Sheffield et radiographieAjustage passif dans 100 % des cas, survie implantaire 99,5 % à 12 mois en moyenne
Revilla-León et al., J Prosthet Dent 2026 (3 études)Un patient par étude, 4 implantsICam4D ou MicronMapperMeilleure justesse angulaire pour l’Elite face à Grammee, MicronMapper et ioConnect. Écart angulaire inférieur de 0,024° face au Freedom Air de DOF
Nulty, Dent J 202410 patients (rétrospectif)Modèles issus d’empreintesPas de différence significative entre l’Elite et Primescan ou i900 équipés de l’aide Scan Ladder

Les trois études de Revilla-León portent chacune sur un seul patient avec des scans répétés.

Revues systématiques

  • Revilla-León et al. (2026), méta-analyse des techniques calibrées : écart moyen de 36 µm et 0,23° pour la photogrammétrie intra-orale, avec un biais de publication significatif.
  • Li et al. (2026), revue de 23 études comparant les techniques de scan à l’empreinte solidarisée : aucune étude IPG ne remplissait ses critères.
  • Abdelaziz et Osman (2026), revue critique : l’empreinte conventionnelle reste la référence, l’IPG pourrait changer la donne si la recherche clinique la confirme.
  • Pozzi et al. (2025), méta-analyse photogrammétrie extra-orale contre scan intra-oral : la photogrammétrie est plus juste dans 10 études sur 13, et l’essai d’un prototype rigide reste recommandé.

Notre lecture et les contradictions

Face au scan intra-oral seul, l’IPG réduit les écarts dans la plupart des études, surtout en angulaire. Face à la photogrammétrie extra-orale, la littérature se contredit. Lee et al. (2026) placent l’Elite devant PIC et ICam4D, alors que Revilla-León et al. (2025), Ye et al. (2026), Robert et al. (2026) et DeFee et al. (2026) placent l’extra-orale devant, et que Mangano et al. (2026) ne trouvent pas de différence significative. L’étude sur cadavre de DeFee et al., la plus proche du réel, relève une plus grande variabilité de l’IPG.

Deux précautions de lecture. D’abord, la plupart des études sont in vitro, sur modèles secs, et souvent avec des implants parallèles. Ensuite, Shining 3D sélectionne les études qu’il cite, et certains coauteurs figurent parmi les praticiens cités sur sa page produit. Cela n’invalide pas leurs résultats, mais invite à privilégier les études cliniques indépendantes.

Aoralscan Elite ou Elite Wireless ?

CritèreAoralscan EliteAoralscan Elite Wireless
Présentation10 septembre 2024 (communiqué Shining 3D)IDS de Cologne, mars 2025
Poids124 g sans câble194 g batterie comprise
ConnexionUSB-CWi-Fi 6, dongle intégré à la station de charge, sans batterie factice pour un usage filaire selon l’iDD
AutonomieSans objetJusqu’à 2 h de scan continu, 12 h de veille, recharge en 2 h 30 environ selon Shining 3D (4 h sur la station selon l’iDD)
CorpsMétal, qui se raye selon l’iDDPolymère selon l’iDD
EmboutsIPG 19 × 14 mm, standard 16 × 12 mm, mini 12 × 9 mmMêmes tailles
Procédé IPGScan bodies codésIdentique, kit enrichi de cap scan bodies selon l’iDD
Précision annoncéeFidélité IPG 5 µm, 10 µm (unité), 20 µm (bridge de 3 éléments)Mêmes valeurs sur la page produit
Note iDD88 % (décembre 2024)89 % (novembre 2025)
Prix américain iDD20 000 $, kit IPG compris23 999 $, kit IPG enrichi compris

Données Shining 3D (pages produits et brochure de l’Elite) et Institute of Digital Dentistry. Fiches détaillées : Aoralscan Elite et Aoralscan Elite Wireless.

Pour l’IPG, les deux se valent : le choix se fait sur l’ergonomie et le budget.

L’IPG face à PIC, ICam4D, MicronMapper et aux autres flux All-on-X

SolutionTypePrincipeRepères publiés
Aoralscan Elite et Elite Wireless (Shining 3D)Photogrammétrie intra-orale intégréeScan bodies codés lus par la caméra intra-oraleVoir les tableaux ci-dessus
PIC system (PIC dental, Espagne)Extra-oraleCaméra stéréoscopique, lancée en 2010Meilleure fidélité linéaire face à l’Elite in vitro (Revilla-León et al., 2025)
ICam4D (Imetric 4D)Extra-oraleQuatre caméras et un projecteurMeilleure précision globale que l’Elite in vitro (Ye et al., 2026), plus constante sur cadavre (DeFee et al., 2026)
MicronMapper (ClaroNav Dental)Extra-oraleCaméra extra-orale, marquage CE annoncé en octobre 2024Plus fidèle que l’IPG sur cadavre, mais moins juste en angulaire que l’Elite chez un patient (Revilla-León et al., 2026)
Freedom Air (DOF, Corée)Photogrammétrie intra-oraleTête de photogrammétrie à la place de l’emboutPrécision comparable à l’Elite chez un patient (Revilla-León et al., 2026)
TRIOS avec ioConnect (3Shape et TruAbutment)Scan intra-oral avec scan bodies non calibrésScan bodies orientés vers le centre de l’arcadeMoins bonne justesse linéaire que l’Elite in vitro, meilleure fidélité linéaire chez un patient (Revilla-León et al., 2026)
Medit SmartX (Medit, mars 2025)Logiciel All-on-X des caméras MeditVérification des implants avec alignement sur bibliothèqueAucune étude face à l’IPG trouvée. L’i900 en scan direct : 54 µm contre 29 µm pour l’IPG (Mangano et al., 2026)

Descriptions issues des sites des fabricants et revendeurs cités en sources. Aucune de ces solutions n’est évaluée par nos soins.

L’atout de l’IPG est pratique plus que métrologique : une seule caméra, un seul logiciel, et un alignement des tissus mous fait automatiquement. Les systèmes extra-oraux restent une référence de fidélité in vitro, mais demandent un second appareil et un alignement en CAO. Les meilleurs scanners récents s’en rapprochent dans certaines études (Mangano et al., 2026, Margossian et al., 2026). Pour ces alternatives, voir notre guide du scanner pour All-on-4 et l’article Medit i900 : avis.

Indications et contre-indications

Bonnes indications

  • Arcades complètes transvissées sur 4 à 6 implants (All-on-4, All-on-6), maxillaires ou mandibulaires, avec piliers multi-unit.
  • Mise en charge immédiate avec bridge provisoire, grâce au protocole avec cap scan bodies.
  • Cabinets qui veulent un flux sans plâtre ni appareil supplémentaire.

Cas où l’IPG n’est pas adaptée ou demande des précautions

  • Implants sans pilier multi-unit compatible : les scan bodies codés se posent sur MUA.
  • Systèmes implantaires absents des kits, comme NEOSS lors du test de l’iDD de décembre 2024.
  • Implants très inclinés : l’écart linéaire augmente nettement (Muñoz et al., 2026).
  • Ouverture buccale réduite empêchant de poser tous les scan bodies, au-delà des deux groupes de scan permis.
  • Couronnes ou bridges unitaires et partiels courts : le scan intra-oral standard suffit.

Limites et erreurs à éviter

  • Croire le chiffre de 5 µm : c’est une fidélité mesurée par le fabricant, pas l’écart que vous obtiendrez en bouche. Les deux études cliniques qui publient un écart moyen mesurent 30,7 µm (Eldabe et al.) et 39,2 µm (Sadek et al.).
  • Négliger les gestes de base : scan body mal assis ou insuffisamment serré, scan bodies qui se touchent, marqueurs non passés au vert foncé, alignement en diagonale en mise en charge immédiate. Chacun dégrade la mesure.
  • Mélanger deux kits : Shining 3D l’exclut, et chaque kit a son propre numéro de série à saisir dans le logiciel.
  • Oublier l’étalonnage, conseillé toutes les deux semaines environ selon l’iDD, et les consignes de nettoyage des scan bodies.
  • Sous-estimer la courbe d’apprentissage, citée par l’iDD parmi les inconvénients. Faites vos premiers cas sur des situations simples et avec un essayage.

Le protocole recommandé jusqu’à la prothèse passive

Faut-il encore valider ? Les auteurs ne sont pas d’accord. Pozzi et al. (2025) suggèrent que la justesse mesurée de l’IPG pourrait dispenser de l’essai d’un prototype rigide, alors que la méta-analyse de la même équipe (Pozzi et al., 2025) recommande de le maintenir tant que les essais cliniques manquent. Stefanović et al. (2026) rapportent un ajustage passif dans 100 % des 52 prothèses, mais l’étude est rétrospective. Notre position de laboratoire est prudente :

  1. Planifier des piliers multi-unit compatibles avec un kit Shining 3D.
  2. Enregistrer la prothèse existante ou le projet, l’occlusion, la crête, puis les scan bodies codés selon le protocole décrit plus haut.
  3. Contrôler l’assise par radiographie et la qualité de la capture avant de déposer les scan bodies.
  4. Valider avec un bridge provisoire ou un prototype en résine usinée, vissé en bouche : test de Sheffield (une seule vis serrée à une extrémité, observation du côté opposé), radiographie des interfaces, absence de douleur au serrage.
  5. Corriger en cas de défaut : nouvel enregistrement ou structure de vérification.
  6. Fabriquer la définitive en zircone ou en titane une fois l’ajustage passif confirmé.

Le matériau compte aussi : une étude in vitro a montré que les résines imprimées s’ajustaient moins bien que le titane et la zircone à partir d’une même photogrammétrie (Borella et al., 2026, système extra-oral).

Côté laboratoire : ce que Labora Dental reçoit et comment l’envoyer

Labora Dental est connecté à Shining 3D Dental Cloud. Une fois la connexion acceptée, vous choisissez Labora Dental dans la liste des laboratoires sur la page d’envoi d’IntraoralScan et le cas arrive automatiquement dans notre file de production, avec ses fichiers, sans export manuel. Pas à pas dans notre guide Shining 3D Dental Cloud, ou dépôt de fichiers STL, OBJ ou PLY sur l’application Labora Dental.

Pour un cas IPG complet, nous avons besoin de :

  • l’arcade avec les positions d’implants converties (scan bodies marqués sur les bonnes dents),
  • le scan de la gencive aligné, et celui de la prothèse provisoire ou du projet si vous l’avez,
  • l’arcade antagoniste et l’occlusion,
  • la prescription : système implantaire, type et hauteur des piliers multi-unit, provisoire ou définitive, matériau, teinte.

Un bridge complet sur implants de type All-on-4 est facturé 1 000 €, livraison incluse, selon notre grille tarifaire. Les provisoires en PMMA et les structures en zircone ou en titane se font sur devis. Le délai standard est de 8 jours à réception du dossier complet, livraison incluse en France métropolitaine. Pour les armatures complexes, un délai complémentaire peut être convenu au cas par cas. Voir notre page bridge complet All-on-4.

Prix et financement

Shining 3D ne publie pas de prix en France et nous n’avons trouvé aucun prix public français au 1er novembre 2026 : l’Aoralscan Elite et l’Elite Wireless se vendent sur devis. Aux États-Unis, l’iDD indiquait 20 000 $ pour l’Elite et 23 999 $ pour l’Elite Wireless, kit IPG compris et 2 250 $ pour un kit de scan bodies supplémentaire, des montants non transposables en France. Le détail de la gamme figure dans notre article prix des caméras Shining 3D Aoralscan.

Glossaire

IPG (Intraoral PhotoGrammetry)
Photogrammétrie intra-orale de Shining 3D, intégrée à l’Aoralscan Elite et à l’Elite Wireless.
Scan body codé
Pièce vissée sur le pilier, portant des motifs de points que le logiciel identifie pour calculer position et axe de l’implant.
Pilier multi-unit (MUA)
Pilier transvissé intermédiaire entre implant et prothèse plurale, qui corrige l’axe des implants inclinés.
Justesse (trueness)
Écart entre la mesure et la référence. Plus il est faible, plus la mesure est juste.
Fidélité (precision)
Dispersion entre des mesures répétées. Une mesure peut être fidèle sans être juste.
Passivité
Capacité d’une prothèse plurale à se visser sans contrainte sur tous les implants.
Test de Sheffield
Contrôle de passivité : une seule vis est serrée à une extrémité, on observe si la prothèse se soulève à l’autre.
Jig de vérification
Clé rigide reliant les implants, essayée en bouche pour valider l’enregistrement avant la prothèse.

Questions fréquentes sur la photogrammétrie intra-orale de l’Aoralscan Elite

Qu’est-ce que la photogrammétrie intra-orale (IPG) ?

C’est la technologie de Shining 3D qui enregistre en bouche la position et l’axe de plusieurs implants, avec la caméra Aoralscan Elite ou Elite Wireless et des scan bodies portant des motifs codés. Le logiciel aligne ensuite ces positions sur le scan de la gencive pour la conception d’une prothèse d’arcade complète.

Quelle est la précision de l’IPG de l’Aoralscan Elite ?

Shining 3D annonce une fidélité de 5 µm pour l’IPG, selon son propre protocole. Les études publiées mesurent des écarts plus élevés, qui varient avec le modèle d’étude et la référence : par exemple 26 µm (Fu et al., 2025), 29 µm (Mangano et al., 2026) ou 57 µm d’écart tridimensionnel moyen (Pozzi et al., 2025) in vitro, et 39 µm chez 26 patients (Sadek et al., 2026). Une méta-analyse de 2026 retient 36 µm et 0,23° en moyenne.

L’IPG remplace-t-elle l’empreinte conventionnelle et le jig de vérification ?

Ce n’est pas démontré. Une revue systématique de 2026 n’a trouvé aucune étude IPG répondant à ses critères face à l’empreinte solidarisée, et une étude sur cadavre a mesuré plus de 100 µm d’écart sur certains scans IPG. Nous recommandons de valider l’ajustage passif par un prototype avant la définitive.

Quels scan bodies faut-il pour l’IPG de l’Aoralscan Elite ?

Des scan bodies codés Shining 3D, vendus en kits selon les systèmes implantaires et vissés sur des piliers multi-unit à environ 10 N·cm. Ils ne fonctionnent qu’avec l’Elite et l’Elite Wireless, ne se mélangent pas entre kits et se remplacent après 300 utilisations au maximum.

L’IPG fonctionne-t-elle en mise en charge immédiate ?

Oui. Le logiciel prévoit un protocole qui associe scan bodies codés et cap scan bodies pour enregistrer la gencive après la chirurgie. Une étude in vitro de 2026 l’a trouvé plus favorable qu’un alignement en diagonale sur deux scan bodies codés.

Quelle différence entre l’Aoralscan Elite et l’Elite Wireless pour l’IPG ?

Le procédé IPG est le même. L’Elite Wireless est sans fil (Wi-Fi 6, jusqu’à 2 heures de scan continu), pèse 194 g batterie comprise contre 124 g sans câble et coûtait 4 000 $ de plus aux États-Unis selon l’Institute of Digital Dentistry.

L’IPG est-elle aussi précise qu’une caméra extra-orale comme PIC ou ICam4D ?

Les études divergent. Plusieurs travaux in vitro placent la photogrammétrie extra-orale devant (Revilla-León et al., 2025, Ye et al., 2026, Robert et al., 2026), d’autres ne trouvent pas de différence significative (Mangano et al., 2026) ou placent l’IPG devant (Lee et al., 2026).

Combien coûte l’Aoralscan Elite en France ?

Nous n’avons trouvé aucun prix public en France au 1er novembre 2026 : le prix se fait sur devis. Aux États-Unis, l’Institute of Digital Dentistry indiquait 20 000 $ pour l’Elite et 23 999 $ pour l’Elite Wireless, kit IPG compris. Labora Dental, distributeur Shining 3D, peut financer la caméra selon les conditions de son programme partenaire.

Comment envoyer un cas IPG à Labora Dental ?

Depuis IntraoralScan, via Shining 3D Dental Cloud : une fois la connexion acceptée, le cas arrive dans notre file de production avec ses fichiers. Précisez le système implantaire, les piliers, le matériau et la teinte.

Sources

Sources consultées le 1er novembre 2026.

Publié le 1er novembre 2026. Shining 3D, Aoralscan et IPG sont des marques de Shining 3D. Cet article ne remplace pas les instructions du fabricant.

Besoin d’un laboratoire de prothèse dentaire fiable ?

Contactez Labora Dental et recevez votre guide tarifaire.

Envoyer mon premier cas gratuitement
Premier cas offert Sans engagement Scanner financé par le laboratoire

ou parler directement à un conseiller

WhatsApp