Scanner dentaire : scanner intra-oral, scanner de laboratoire ou cone beam, quelles différences ?

Mis à jour le · Labora Dental, laboratoire de prothèse dentaire

« Scanner dentaire » désigne trois appareils : le scanner intra-oral, ou caméra optique, qui prend l’empreinte des dents avec de la lumière ; le scanner de laboratoire, qui numérise un modèle ou une empreinte ; et l’imagerie à rayons X, cone beam ou scanner médical, qui montre l’os et les racines. Seule cette dernière irradie.

L’essentiel

Scanner intra-oral
Empreinte 3D de surface prise en bouche avec de la lumière, sans rayons X
Scanner de laboratoire
Numérise modèles et empreintes ; précision évaluée selon la norme ISO 12836
Cone beam (CBCT)
Rayons X, volume 3D de l’os et des dents en une seule rotation ; acte CCAM LAQK027
Dose du cone beam
Inférieure à celle du scanner médical, nettement supérieure à celle d’une panoramique (HAS, 2009)
Cone beam en France
Au moins 2 700 appareils (IRSN, 2023) ; 32 % des chirurgiens-dentistes libéraux en ont facturé au moins un au 1er semestre 2021
Prix d’un scanner intra-oral
De 8 500 € HT à 26 900 € hors taxes, ordinateur non compris, selon les prix publics relevés en France le 3 octobre 2026

Scanner dentaire : de quel appareil parle-t-on ?

Un scanner dentaire est un appareil qui enregistre les dents en trois dimensions. Selon le contexte, le mot désigne un scanner optique de surface, utilisé en bouche ou au laboratoire de prothèse, ou un examen d’imagerie à rayons X, cone beam ou scanner médical, qui montre aussi l’os et l’intérieur des dents.

Le contexte permet de trancher : un scanner « à passer », comme un examen, est une imagerie à rayons X ; un scanner « pour l’empreinte » d’une couronne, d’une gouttière ou d’aligneurs est un scanner optique (voir notre guide de l’empreinte dentaire).

Mangano et al. (2017), ISO 12836:2015, HAS (2009), Assurance maladie (2022), Venkatesh et Elluru (2017).
FamilleUtilisé parCe qu’il produitRayons XUsage
Scanner intra-oral (caméra optique)Chirurgien-dentiste, en boucheSurface 3D des dents et de la gencive (fichier STL, PLY ou OBJ)Non : lumièreEmpreinte pour couronne, bridge, gouttière, aligneurs
Scanner de laboratoire (scanner de table)Prothésiste, sur un modèle ou une empreinteSurface 3D du modèleNonNumériser une empreinte physique pour la CFAO
Cone beam (CBCT)Professionnel formé, au cabinet ou en centre d’imagerieVolume 3D en coupes de l’os et des dents (fichier DICOM)OuiBilan préimplantaire, endodontie, dent incluse, lésion osseuse
Scanner médical (tomodensitométrie)Service de radiologieCoupes 3DOui, dose plus élevée que le cone beamExplorations plus larges, tissus mous, mesure des densités
Trois appareils appelés scanner dentaire : un scanner intra-oral tenu en bouche, un scanner de laboratoire numérisant un modèle en plâtre, un cone beam dont la source de rayons X et le détecteur tournent autour de la tête
Les trois familles de scanners dentaires : deux numérisent la surface des dents avec de la lumière, le cone beam traverse les tissus avec des rayons X.

Qu’est-ce que le cone beam, le scanner dentaire à rayons X ?

Le cone beam (tomographie volumique à faisceau conique, ou CBCT) est un examen radiologique en 3D. Au lieu du faisceau fin du scanner médical, il utilise un faisceau ouvert, conique, qui balaie tout le volume en une seule rotation et fournit des coupes de l’os et des dents dans tous les plans (HAS, 2009 ; Venkatesh et Elluru, 2017).

La rotation dure de 5 à 40 secondes selon l’appareil, et les images, au format DICOM, sont lues sur ordinateur (Venkatesh et Elluru, 2017). Le cone beam montre bien l’os et les dents, mais distingue mal les tissus mous et ne mesure pas réellement les densités (HAS, 2009 ; Venkatesh et Elluru, 2017).

Dans quels cas est-il indiqué ?

Selon la HAS, il se justifie quand la radiographie en deux dimensions n’apporte pas assez d’informations. Il n’est pas indiqué pour dépister les caries (HAS, 2009).

  • Bilan avant une chirurgie péri-apicale, surtout au maxillaire postérieur ou près du foramen mentonnier.
  • Recherche et localisation d’un canal radiculaire supplémentaire.
  • Bilan d’une pathologie de la racine : fracture, résorption interne ou externe.
  • Bilan préimplantaire et estimation du volume osseux.
  • Extension et rapports d’une lésion tumorale des maxillaires.

Comment se passe l’examen ?

Il suit un interrogatoire et un examen clinique : le praticien doit justifier l’acte par la balance bénéfice-risque et le bénéfice attendu pour la prise en charge (Assurance maladie, 2022). Le patient reste immobile pendant la rotation, car le mouvement dégrade l’image (Venkatesh et Elluru, 2017). Tout professionnel qui réalise des cone beam suit une formation spécifique, et la HAS rappelait en 2009 que tout acte radiologique donne lieu à un compte rendu.

Le scanner dentaire est-il irradiant ?

Seul le scanner à rayons X irradie : le scanner intra-oral et le scanner de laboratoire n’utilisent que de la lumière. Selon la HAS, la dose d’un cone beam est 1,5 à 12 fois plus faible que celle d’un scanner médical, mais 4 à 42 fois plus élevée que celle d’une radiographie panoramique, selon l’appareil et le champ exploré.

En France, l’IRSN estime le parc à au moins 2 700 cone beam. Constatant des doses souvent plus élevées qu’à l’étranger, il a proposé en 2023 un niveau de référence diagnostique de 700 mGy.cm² pour trois indications chez l’adulte : implant unitaire, extraction d’une dent incluse et endodontie.

Les doses varient fortement selon l’appareil, le champ et les réglages ; 1 000 µSv = 1 mSv.
ExamenDose efficace publiéeSource
Scanner intra-oral, scanner de laboratoireAucune : pas de rayons XRichert et al. (2017)
Radiographie intra-buccaleMoins de 8,3 µSvSEDENTEXCT, d’après la Commission européenne (2004)
Radiographie panoramique2,7 à 23 µSvSEDENTEXCT
Cone beam, petit champ (adulte)5 à 652 µSv ; 84 µSv en moyenne avec les réglages standardLudlow et al. (2015)
Cone beam, champ moyen9 à 560 µSv ; 177 µSv en moyenneLudlow et al. (2015)
Cone beam, grand champ46 à 1 073 µSv ; 212 µSv en moyenneLudlow et al. (2015)
Scanner médical des maxillaires180 à 2 100 µSvSEDENTEXCT

Ces repères ne remplacent pas l’avis du praticien : c’est lui qui décide, après examen clinique, si un cone beam est utile et avec quels réglages.

Le cone beam est-il remboursé, et combien coûte-t-il ?

Le cone beam est inscrit à la CCAM sous le code LAQK027, facturé comme un forfait même si plusieurs secteurs sont examinés dans la même séance. Il ne peut pas être facturé à l’Assurance maladie pour un bilan implantaire ou la pose d’un implant, sauf agénésies dentaires multiples liées à une maladie rare ou séquelles de tumeur (Assurance maladie, 2022).

Nous ne citons pas de prix d’examen : demandez le montant et la prise en charge au cabinet ou au centre d’imagerie avant l’examen. Entre les premiers semestres 2019 et 2021, la part de chirurgiens-dentistes libéraux ayant facturé au moins un cone beam a gagné 5 points pour atteindre 32 %, de 6 % dans les Ardennes à 47 % dans les Alpes-Maritimes (Assurance maladie, 2022).

Cone beam et scanner intra-oral : pourquoi les associer ?

Les deux examens se complètent : le cone beam montre l’os et les racines, mais ne reproduit pas finement la surface des dents ni l’occlusion ; le scanner intra-oral apporte cette surface. En implantologie, l’association des deux aide à planifier la pose et à concevoir un guide chirurgical à partir des données DICOM (Jain et al., 2019 ; Mangano et al., 2017).

Le laboratoire fabrique ensuite la prothèse à partir de l’empreinte optique des implants. Pour aller plus loin : scanner intra-oral et implantologie et prothèse sur implant.

Le scanner intra-oral : comment prend-il l’empreinte ?

Le scanner intra-oral, ou caméra optique, est une pièce à main que le chirurgien-dentiste promène en bouche. Il projette de la lumière sur les dents, calcule un nuage de points puis une surface 3D : l’empreinte optique, transmise au laboratoire sous forme de fichier, sans pâte ni modèle en plâtre (Mangano et al., 2017).

Il sert aux couronnes, bridges, inlays, onlays, prothèses sur implants, gouttières et aligneurs (Mangano et al., 2017). En arcade complète, une étude clinique de 2026 mesure une justesse de 41 à 96 µm selon le scanner (Ender et al., 2026), et les patients le préfèrent à la pâte à empreinte (de Paris Matos et al., 2023).

Technologies, précision, marques, abonnements et prix sont détaillés dans notre page caméra optique dentaire. Pour choisir un modèle : quel scanner intra-oral choisir, notre top 10 des scanners intra-oraux 2026 et les fiches de la page scanners dentaires par marque.

Le scanner de laboratoire : à quoi sert-il ?

Le scanner de laboratoire, ou scanner de table, numérise un objet fixé face à son système de mesure, optique ou par palpeur : modèle en plâtre ou empreinte. Il fait entrer une empreinte physique dans la chaîne de CFAO dentaire. La norme ISO 12836 encadre l’évaluation de sa précision et exclut les scanners tenus à la main.

Exemple documenté : Medit annonce pour son T710 quatre caméras de 5 mégapixels, une arcade complète en 8 secondes, la numérisation d’articulateurs et une précision inférieure à 4 µm selon l’ISO 12836. Un scanner de table à lumière bleue peut aussi numériser directement une empreinte en silicone (Cui et al., 2025).

En conditions contrôlées, les scanners de laboratoire restent les plus justes : sur un modèle à quatre implants, trois scanners de table ont donné les écarts les plus faibles, devant 16 scanners intra-oraux et les empreintes conventionnelles (Diker et Terzioglu, 2026). Le résultat dépend pourtant de toute la chaîne, empreinte et coulée comprises : pour une arcade partielle, une revue de dix études juge même les scanners intra-oraux plus exacts que les scanners extra-oraux (Shah et al., 2023).

ISO 20896-1:2019, ISO 12836:2015, Mangano et al. (2017).
Scanner intra-oralScanner de laboratoire
OùEn bouche, au cabinetAu laboratoire de prothèse
Ce qu’il numériseDents, gencive, corps de scannage des implantsModèle en plâtre ou empreinte
Étapes avant le scanAucuneEmpreinte physique, transport, coulée du modèle
Norme d’essai de précisionISO 20896-1 (2019)ISO 12836 (2015)
Rayons XNonNon

Chez Labora Dental, les empreintes physiques sont enlevées au cabinet (ramassage 10 €) puis numérisées à réception au laboratoire. Comparaison des deux techniques : empreinte numérique ou physique.

Quel est le prix d’un scanner dentaire ?

Tout dépend du scanner. Pour un examen cone beam, le montant et la prise en charge se demandent au cabinet ou au centre d’imagerie. Pour équiper un cabinet, les prix publics de scanners intra-oraux relevés en France le 3 octobre 2026 allaient de 8 500 € HT à 26 900 € hors taxes, ordinateur non compris ; la plupart des marques vendent sur devis.

Abonnements, financement et coût sur cinq ans : voir caméra optique dentaire et notre article prix d’un scanner intra-oral en 2026. Pour les scanners de laboratoire et les cone beam, adressez-vous aux distributeurs.

Prix relevés le 3 octobre 2026, hors formation, maintenance et abonnement ; seul le devis du distributeur fait foi.
Scanner intra-oralPrix public relevéOù
Medit i7008 500 € HTSmile3D, revendeur français
Medit i900 Mobility14 500 € HTSmile3D
iTero Lumina (configuration PC)13 990 à 16 590 € HTGI Dental, distributeur français
3Shape TRIOS 6 WirelessÀ partir de 26 900 €, taxes non comprises, sans ordinateurBoutique en ligne 3Shape France
Dentsply Sirona Primescan 224 735 € HT (prix conseillé 27 990 € HT), hors abonnement DS CorePaveas, distributeur allemand

Envoyer vos cas à Labora Dental

Labora Dental reçoit les empreintes de tous les scanners intra-oraux : automatiquement depuis 3Shape Communicate, Medit Link, DS Core, Shining 3D Dental Cloud, DEXIS IOS Cloud (anciennement IS Connect) et la plate-forme cloud AlliedStar ; pour iTero, Planmeca, Straumann et les autres, par export STL, PLY ou OBJ déposé sur l’application Labora Dental, gratuite. Les empreintes physiques sont enlevées au cabinet (ramassage 10 €).

Délai standard : 8 jours, livraison incluse ; couronne zircone monolithique à 33 € par élément (grille complète : tarifs). Labora Dental est un laboratoire de prothèse : il ne réalise aucun examen d’imagerie.

Sources

  1. HAS — Tomographie volumique à faisceau conique de la face (cone beam), texte court du rapport d’évaluation technologique, décembre 2009 (copie hébergée par la Société française d’endodontie)
  2. Assurance maladie — Renforcer le bon usage du cone beam en odontostomatologie (mise à jour du 01/07/2022)
  3. Assurance maladie — Circulaire CIR-14/2012 du 24/07/2012 (inscription du cone beam sous le code LAQK027, exclusion du bilan implantaire)
  4. IRSN — Avis n° 2023-00006 du 11/01/2023 sur les niveaux de référence diagnostiques en imagerie dentaire par CBCT
  5. Ludlow JB et al. Effective dose of dental CBCT: a meta analysis of published data and additional data for nine CBCT units. Dentomaxillofac Radiol 2015;44(1):20140197
  6. SEDENTEXCT (projet européen) — Radiation doses and risks of CBCT
  7. Venkatesh E, Elluru SV. Cone beam computed tomography: basics and applications in dentistry. J Istanb Univ Fac Dent 2017;51(3 Suppl 1):S102-S121
  8. Jain S et al. New evolution of cone-beam computed tomography in dentistry: combining digital technologies. Imaging Sci Dent 2019;49(3):179-190
  9. Mangano F et al. Intraoral scanners in dentistry: a review of the current literature. BMC Oral Health 2017;17:149
  10. Richert R et al. Intraoral scanner technologies: a review to make a successful impression. J Healthc Eng 2017;2017:8427595
  11. Ender A, Buhl J, Mehl A. Complete arch accuracy of six intraoral scanning devices: a clinical study. J Prosthet Dent 2026;136(1):136-143
  12. de Paris Matos T et al. Patient-related outcomes of conventional impression making versus intraoral scanning: systematic review and meta-analysis. J Prosthet Dent 2023;130(1):19-27
  13. ISO 12836:2015 — Dentistry, digitizing devices for CAD/CAM systems for indirect dental restorations, test methods for assessing accuracy
  14. ISO 20896-1:2019 — Dentistry, digital impression devices, Part 1: methods for assessing accuracy
  15. Medit — Scanners de laboratoire T-Series (T710 : quatre caméras de 5 Mpx, < 4 µm selon l’ISO 12836)
  16. Cui X et al. Accuracy of intraoral versus desktop scanners used in digitizing polyvinyl siloxane impression for fabricating a CAD-CAM customized post and core. J Prosthodont 2025;34(4):382-387
  17. Diker E, Terzioglu H. Evaluating the accuracy of 16 intraoral scanners against 3 laboratory scanners and 2 conventional techniques in a partial implant situation. J Dent 2026;175:106591
  18. Shah N et al. Validation of digital impressions’ accuracy obtained using intraoral and extraoral scanners: a systematic review. J Clin Med 2023;12(18):5833
  19. Smile3D — Medit i700, 8 500 € HT, et Medit i900 Mobility, 14 500 € HT (consultés le 03/10/2026)
  20. GI Dental — iTero Lumina PC, 13 990 à 16 590 € HT (consulté le 03/10/2026)
  21. 3Shape — Boutique en ligne France, configurateur TRIOS 6 Wireless (consulté le 03/10/2026)
  22. Paveas Dental (Allemagne) — Dentsply Sirona Primescan 2, 24 735 € HT, prix conseillé 27 990 € HT (consulté le 03/10/2026)
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