Empreinte dentaire : déroulement, matériaux et empreinte optique

Mis à jour le · Labora Dental, laboratoire de prothèse dentaire

Une empreinte dentaire est la copie de vos dents et de vos gencives qui permet au laboratoire de fabriquer une prothèse sur mesure. Elle se prend avec une pâte placée dans un porte-empreinte (alginate ou silicone) ou avec une caméra intra-orale qui produit un modèle 3D : c’est l’empreinte optique, ou numérique. Son coût est compris dans celui de la prothèse.

L’essentiel

Deux méthodes
Pâte dans un porte-empreinte (alginate, silicone, polyéther) ou empreinte optique au scanner intra-oral
Temps en bouche
Environ 45 s pour un alginate rapide ; de 1 min 15 à 3 min 40 pour un silicone à prise rapide, selon le produit
Précision
Équivalente pour couronnes et petits bridges ; avantage à l’empreinte classique en arcade complète (synthèse de 28 revues, 2025)
Confort
Les patients préfèrent l’empreinte optique : moins de gêne et de nausées (méta-analyse de 11 études)
Réflexe nauséeux
8,2 % des personnes déclarent des haut-le-cœur pendant les soins dentaires
Prix
Compris dans l’acte de prothèse ; aucun acte CCAM propre à l’empreinte optique
Chez Labora Dental
Empreinte optique depuis tous les scanners ou physique enlevée au cabinet (ramassage 10 €) ; 8 jours

Qu’est-ce qu’une empreinte dentaire, et à quoi sert-elle ?

L’empreinte dentaire est une copie en négatif des dents et des tissus voisins, ou une image numérique en 3D de la bouche, qui sert à fabriquer un modèle ou directement une prothèse (glossaire de l’Academy of Prosthodontics). Pour une couronne, « une empreinte est réalisée par le praticien afin d’obtenir un moulage permettant au prothésiste dentaire de confectionner la prothèse » (HAS, 2019).

On en prend pour presque tout ce qui se fabrique sur mesure : couronne, bridge, inlay ou onlay, dentier et prothèse amovible, gouttière, appareil d’orthodontie, ou simple modèle d’étude pour préparer un traitement.

Quels sont les types d’empreinte dentaire ?

Il existe deux familles : l’empreinte physique, avec une pâte qui durcit en bouche dans un porte-empreinte, et l’empreinte optique, prise avec une caméra. Le chirurgien-dentiste choisit selon la prothèse et la situation clinique.

Glossaire de l’Academy of Prosthodontics ; fiche technique Zhermack ; revues de Nassar (2011), Madanshetty (2023), Mangano (2017) et Baradee et Spies (2025).
TypePrincipeUsages courantsPoints d’attention
AlginateHydrocolloïde irréversible : poudre mélangée à l’eau, qui prend en boucheModèles d’étude, arcade opposée, prothèse amovibleÀ couler vite en plâtre, sauf alginate à coulée différée
Silicone (polyvinylsiloxane)Élastomère par addition, souvent en deux viscositésCouronnes, bridges, inlays, implantsTrès stable ; prise inhibée par les gants en latex
Empreinte optiqueCaméra qui projette de la lumière et reconstruit un modèle 3DCouronnes, bridges courts, inlays, implants unitaires, gouttières, aligneursLimites profondes sous la gencive, saignement, arcade complète, tissus mobiles

Alginate dentaire

L’alginate est un hydrocolloïde irréversible : une poudre mélangée à l’eau, qui durcit en bouche en moins d’une minute pour les versions rapides (45 secondes pour l’Hydrogum 5 de Zhermack). D’après une revue systématique, les alginates classiques sont stables s’ils sont coulés aussitôt, puis se déforment avec le temps ; les alginates à coulée différée tolèrent un délai, jusqu’à 5 jours dans un sachet de conservation pour l’Hydrogum 5, selon son fabricant.

Empreinte silicone

Le silicone par addition, ou polyvinylsiloxane, est très employé en prothèse fixée. On l’utilise souvent en deux viscosités, une pâte épaisse dans le porte-empreinte et une pâte fluide autour de la dent taillée, en un ou deux temps. Les silicones récents restent précis même coulés une semaine après l’empreinte (Madanshetty, 2023). Le polyéther est un autre élastomère de précision.

Empreinte optique, ou numérique

Le scanner intra-oral, aussi appelé caméra optique dentaire, projette une lumière (laser ou lumière structurée) sur les dents et reconstruit un modèle 3D à l’écran. Le fichier, au format du fabricant ou au format ouvert STL, OBJ ou PLY, part directement au laboratoire, sans plâtre ni transport ; les scanners récents n’ont plus besoin de poudre (Mangano, 2017).

Comment se déroule une prise d’empreinte dentaire ?

La prise d’empreinte se fait au fauteuil, en quelques minutes. Pour une couronne, elle a lieu au premier rendez-vous, juste après la taille de la dent, réalisée sous anesthésie locale (MedlinePlus).

Deux circuits d’une empreinte dentaire du cabinet au laboratoire : empreinte physique (pâte, désinfection, transport, modèle en plâtre) et empreinte optique (scan, vérification, envoi du fichier 3D)
Du fauteuil au laboratoire : l’empreinte physique voyage puis se coule en plâtre ; l’empreinte optique part sous forme de fichier 3D.

Avec une pâte (alginate ou silicone)

  • Le praticien choisit un porte-empreinte, sorte de gouttière rigide, à la taille de l’arcade, ou un porte-empreinte individuel fabriqué par le laboratoire pour une prothèse amovible (HAS, 2006).
  • Pour une dent taillée, il écarte parfois la gencive avec un fil afin que la limite de la préparation soit enregistrée (Madanshetty, 2023).
  • Il met la pâte en place ; on attend la prise sans bouger : environ 45 secondes en bouche pour un alginate rapide, de 1 min 15 à 3 min 40 pour un silicone à prise rapide, selon les fiches des fabricants.
  • L’empreinte est retirée, contrôlée, rincée à l’eau courante puis désinfectée avant l’envoi au laboratoire (SDCEP).
  • L’arcade opposée et l’engrènement des dents (l’occlusion) sont enregistrés à part.

Avec une caméra (empreinte optique)

  • Les dents sont séchées ; le praticien promène l’embout de la caméra sur l’arcade, qui se reconstruit en 3D à l’écran.
  • Il numérise l’arcade opposée puis les deux arcades serrées pour l’occlusion ; le scan peut se limiter au quadrant traité (Baradee et Spies, 2025).
  • Il vérifie le modèle, complète les zones manquantes et envoie le fichier au laboratoire.

Combien de temps dure une empreinte dentaire ?

Quelques minutes de présence en bouche, une dizaine à une vingtaine de minutes pour la séance. Dans une méta-analyse de 16 études cliniques sur des prothèses fixées, l’empreinte prenait en moyenne 784 secondes au scanner (13 minutes) et 1 125 secondes avec une pâte (19 minutes), une différence non significative (Bandiaky, 2022). Une revue de 17 études conclut que le scanner est plus rapide, qu’on numérise un quadrant ou l’arcade entière (Siqueira, 2021).

Empreinte dentaire et réflexe nauséeux : que faire ?

Le réflexe nauséeux est courant : dans une enquête néerlandaise auprès de 11 771 personnes, 8,2 % déclaraient avoir des haut-le-cœur pendant les soins dentaires (van Houtem, 2015). La prise d’empreinte est la situation qui les déclenche le plus souvent (Farrier, 2011) : contact du matériau au fond de la bouche, goût et odeur, anxiété.

Signalez-le avant l’empreinte : le chirurgien-dentiste peut adapter le porte-empreinte, changer de matériau, proposer des techniques de respiration ou d’acupression (Farrier, 2011). Une revue systématique de 2023 (9 études) juge efficaces la distraction, le protoxyde d’azote et le laser, mais la revue Cochrane estime les preuves insuffisantes pour l’acupuncture, l’acupression et le laser (2019).

L’empreinte optique est une solution : dans une méta-analyse de 11 études, les patients la préfèrent et rapportent moins de gêne, de nausées, de mauvais goût et de difficulté à respirer (de Paris Matos, 2023).

Ces pistes ne remplacent pas l’avis de votre chirurgien-dentiste, qui choisit la technique adaptée à votre situation.

Empreinte numérique ou physique : laquelle est la plus précise ?

Pour une couronne ou un petit bridge, les deux se valent. Une synthèse de 28 revues systématiques ne trouve pas de différence de précision ni d’adaptation entre empreinte numérique et conventionnelle pour les couronnes, les bridges et les prothèses fixées sur implants ; l’empreinte conventionnelle reste plus précise pour les bridges d’arcade complète (Kaitatzidou, 2025).

Bandiaky 2022 ; Porto 2025 ; Afrashtehfar 2022 ; Kaitatzidou 2025 ; Mohamedin 2026 ; Mangano 2017 ; Baradee et Spies 2025.
SituationCe que disent les revues
Couronne, petit bridgeAdaptation marginale de 80,9 µm en numérique contre 92,1 µm en conventionnel, sans différence significative (16 études, 2022) ; équivalente ou meilleure en numérique selon une synthèse de 18 revues (2025)
Bridge de 4 éléments ou plus, arcade complèteEmpreinte conventionnelle recommandée pour les grandes prothèses fixées et les prothèses amovibles (synthèse de 11 revues, 2022) ; plus précise en arcade complète (2025)
Dentier (bouche sans dents)Pas de preuve fiable que la numérisation remplace entièrement l’empreinte classique : tissus mobiles et bords difficiles à capter (26 études, 2026)
Limite profonde sous la gencive, saignementPlus difficile à enregistrer pour la caméra (revues de 2017 et 2025)

Comparatifs détaillés : empreinte dentaire numérique et empreinte numérique ou alginate.

Quel est le prix d’une empreinte dentaire ?

Pour une prothèse, l’empreinte n’est pas facturée à part. Selon la CCAM, « la pose d’une prothèse dentaire inclut sa conception, sa réalisation, son adaptation et sa pose », et la nomenclature (version 84) ne comporte aucun acte propre à l’empreinte, optique ou physique. Le prix de la couronne, du bridge ou du dentier couvre donc les empreintes, et le remboursement est le même avec ou sans scanner.

Deux cas particuliers : le moulage d’étude des arcades dentaires (LBMP003), fait pour préparer un traitement, est un acte non pris en charge par l’Assurance maladie ; l’orthèse d’avancée mandibulaire contre l’apnée du sommeil (LBLD017) « comprend la prise d’empreinte ». Dans tous les cas, le devis remis avant les soins détaille honoraires et remboursement.

Combien d’empreintes pour une couronne, un bridge ou un dentier ?

  • Couronne, bridge, inlay : une empreinte de la dent taillée, de l’arcade opposée et de l’occlusion, au même rendez-vous ; une couronne provisoire protège ensuite la dent (HAS, 2019).
  • Prothèse amovible : pour un stellite, la HAS décrit une empreinte préliminaire, qui donne les modèles d’étude, puis une empreinte secondaire avec un matériau fluide dans un porte-empreinte individuel (PEI) en résine fabriqué sur le premier modèle (2006).
  • Implant : une pièce de transfert fixée sur l’implant, ou un corps de scannage pour l’empreinte optique, enregistre sa position (glossaire de prothèse ; Mangano, 2017).
  • Gouttière, appareil d’orthodontie : les deux arcades et l’occlusion.

Que devient l’empreinte au laboratoire ?

Une empreinte physique est coulée en plâtre pour obtenir un modèle de la bouche. Le laboratoire peut ensuite numériser ce modèle : le glossaire de prothèse appelle aussi « scan numérique » cette capture indirecte, faite sur le modèle. L’empreinte optique, elle, arrive directement sous forme de fichier 3D. Dans les deux cas, le prothésiste conçoit la prothèse sur le modèle, réel ou virtuel, puis la fabrique, par exemple en CFAO.

L’empreinte optique supprime le transport, la désinfection et le plâtre, ainsi que les porte-empreintes, adhésifs et embouts de mélange, ce qui réduit les déchets et le risque de contamination pour les prothésistes (Baradee et Spies, 2025). Le fichier s’archive et permet de comparer avec de futurs scans, alors qu’un modèle en plâtre demande de la place pour être conservé.

Réussir une empreinte pour le laboratoire : les points à vérifier

Pour le chirurgien-dentiste, quelques règles tirées de la littérature limitent les reprises :

  • Silicone : aucun contact avec des gants en latex, qui inhibent la prise ; attendre au moins 30 minutes avant de couler ; un second coulage est moins précis que le premier (Madanshetty, 2023).
  • Alginate : couler sans attendre, sauf alginate à coulée différée (Nassar, 2011).
  • Désinfection : rincer à l’eau courante, désinfecter selon le fabricant du matériau, par exemple 10 minutes dans l’hypochlorite à 0,5 % pour un silicone, en spray pour un silicone hydrophile, puis signaler la désinfection au laboratoire (SDCEP ; Madanshetty, 2023).
  • Empreinte optique : un opérateur novice obtient une justesse un peu moindre et scanne en moyenne 41 secondes de plus ; la formation améliore les deux (American Academy of Fixed Prosthodontics, 2026). L’occlusion est plus juste sur un scan d’arcade complète, et les surfaces brillantes ou translucides restent délicates (Baradee et Spies, 2025).
  • Prescription : numéros des dents en numérotation FDI, matériau et teinte (teintier VITA).

Envoyer vos empreintes à Labora Dental

Labora Dental accepte les empreintes optiques et physiques. Les cas envoyés depuis 3Shape Communicate, Medit Link, DS Core, Shining 3D Dental Cloud, DEXIS IOS Cloud (anciennement IS Connect) et la plateforme cloud AlliedStar arrivent automatiquement dans notre file de production, avec leurs fichiers. Pour les autres scanners, dont iTero, exportez en STL, PLY ou OBJ et déposez le fichier dans l’application Labora Dental, gratuite.

Une empreinte physique est enlevée à votre cabinet par transporteur (ramassage 10 €). Porte-empreinte individuel : 15 € ; modèle d’étude : 10 €. Délai standard : 8 jours, livraison incluse. Voir les tarifs, les scanners compatibles et le flux numérique cabinet-laboratoire.

Sources

  1. Academy of Prosthodontics — Glossary of Prosthodontic Terms, 9e édition (2017) : dental impression, digital scan, irreversible hydrocolloid, poly(vinyl siloxane), polyether, custom tray
  2. HAS — Évaluation de la pose d’une couronne dentaire transitoire, rapport d’évaluation technologique (février 2019)
  3. HAS — Pose d’une prothèse amovible définitive à châssis métallique (2006), copie intégrale du rapport
  4. MedlinePlus (National Library of Medicine) — Dental crowns
  5. Zhermack — Hydrogum 5, fiche technique (temps de prise, stabilité 5 jours)
  6. 3M ESPE — Imprint 4 VPS Impression Material, Technical Data Sheet (temps de prise en bouche comparés)
  7. Nassar U et al. Dimensional stability of irreversible hydrocolloid impression materials as a function of pouring time: a systematic review. J Prosthet Dent 2011;106(2):126-33
  8. Madanshetty P et al. Addition silicone impressions in fixed prosthodontics: clinical standpoints. Cureus 2023;15(8):e44014
  9. Mangano F et al. Intraoral scanners in dentistry: a review of the current literature. BMC Oral Health 2017;17:149
  10. Baradee AA, Spies BC. Are conventional impressions obsolete? A narrative review on the applicability of intraoral scanners. Aust Dent J 2025;70 Suppl 1:S93-S104
  11. Bandiaky ON et al. Comparative assessment of complete-coverage, fixed tooth-supported prostheses fabricated from digital scans or conventional impressions. J Prosthet Dent 2022;127(1):71-79
  12. Siqueira R et al. Intraoral scanning reduces procedure time and improves patient comfort in fixed prosthodontics and implant dentistry: a systematic review. Clin Oral Investig 2021;25(12):6517-6531
  13. de Paris Matos T et al. Patient-related outcomes of conventional impression making versus intraoral scanning: a systematic review and meta-analysis. J Prosthet Dent 2023;130(1):19-27
  14. Kaitatzidou A et al. Digital scans versus conventional impressions in fixed prosthodontics: an overview of systematic reviews. J Prosthet Dent 2025;134(6):2156-2164
  15. Porto AM et al. Marginal adaptation of tooth-supported fixed restorations fabricated using digital scanning versus conventional impression techniques: an overview of systematic reviews. J Prosthet Dent 2025;134(3):629.e1-e13
  16. Afrashtehfar KI et al. Accuracy of intraoral scanners versus traditional impressions: a rapid umbrella review. J Evid Based Dent Pract 2022;22(3):101719
  17. Mohamedin SM et al. Can digital scans replace conventional impressions for complete denture fabrication? A scoping review. J Prosthet Dent 2026;135(2):319-330
  18. Limones A et al. Impact of operator experience on intraoral digital scanning (American Academy of Fixed Prosthodontics). J Prosthet Dent 2026;135(2):297.e1-e13
  19. van Houtem CM et al. Self-reported gagging in dentistry: prevalence, psycho-social correlates and oral health. J Oral Rehabil 2015;42(7):487-94
  20. Farrier S et al. Gagging during impression making: techniques for reduction. Dent Update 2011;38(3):171-6
  21. Mehdizadeh M et al. An overview about new methods in management of gag reflex during dental treatment: a systematic review. J Dent (Shiraz) 2023;24(4):372-381
  22. Eachempati P et al. Management of gag reflex for patients undergoing dental treatment. Cochrane Database Syst Rev 2019;(11):CD011116
  23. SDCEP (NHS Education for Scotland) — Disinfection of impressions and appliances before dispatch
  24. Assurance maladie — CCAM version 84, fichier officiel (note du chapitre 07.02.03, LBMP003, LBLD017)
  25. Hospices civils de Lyon — Tarifs des actes CCAM d’odontologie au 01/01/2025 (LBMP003 non pris en charge)
  26. Assurance maladie — Comprendre le devis de votre dentiste (mise à jour du 26/03/2026)
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